Pittoresque: l’ancienne gare de Roisin-Autreppe



Le 23 mars, la marche inaugurale de la saison 2025 du Syndicat d’Initiative du Haut-Pays, revisitera l’ancienne ligne de chemin de fer 98 A, notamment, la gare de Roisin-Autreppe, point d’aboutissement de l’axe ferroviaire qui venait de Dour. Le quartier de cette gare a pris un autre visage aujourd’hui, un nouveau quartier de vie…

La place de la gare de Roisin-Autreppe, du temps de sa « splendeur ferroviaire », bouillonnait d’activités. Là-bas transitaient voyageurs et marchandises, les marbres et les pierres des carrières avoisinantes, les engrais des usines Derome à Bavay, les betteraves sucrières et autres produits régionaux de ce grand verger qu’était le village de Roisin: le cidre, les pâtes de fruit, les confitures…, la chicorée, le houblon, les pulpes, le lin, le bois, le sucre pour les fabriques locales, les denrées coloniales, les agrumes de Angre, le bois et les troncs, les colis et dépêches en tous genres… Le charbon qui arrivait ici était limité à la consommation privée. Ce qui repose la question du pourquoi de cette ligne 98A entre Dour et Roisin-Autreppe, vers la France. A-t-elle vraiment été créée pour le transport massif de la houille boraine vers le bassin du Nord, alors qu’une grande partie du flux transitait par Quiévrain (ligne 97), Quévy (ligne 96) ainsi que par le canal Mons-Condé?
Sur la place de la gare de Roisin-Autreppe (nous sommes à cheval sur les deux villages), on trouvait jadis trois cafés, trois maisons de douaniers, la maison Solbreux, un marchand de charbon, l’entrepôt des « Denrées Coloniales » de M. Lucier et l’« Hôtel des Voyageurs ».
Le bâtiment principal de la gare abritait la salle des visites et le bureau du receveur des douanes, la salle des colis, la salle d’attente et le guichet, un central téléphonique, les toilettes. L’étage était entièrement réservé aux appartements du chef de la station. Le quai N°2 de la gare était fleuri: deux cheminots, René Bronchart et Noël Taburiaux, avaient élaboré un superbe parterre de fleurs à l’endroit d’un petit bâtiment de la douane des années 20. Il leur arrivait très souvent de revenir à la gare, une fois leur service accompli, pour entretenir leur chef-d’oeuvre…

La ligne de chemin de fer du Haut-Pays

Le projet de liaison ferroviaire entre la Belgique et la France, entre Dour-Roisin-Autreppe et Bavay date de 1880. C’est cette année-là, en effet, que commença la mise en place d’une ligne partant de Dour, déjà point de jonction entre Mons, Saint-Ghislain et le Borinage, Quiévrain, première fenêtre ferroviaire vers l’Hexagone. Dour avait logiquement été choisie comme point de jonction entre le Borinage, la ligne 98 « du Borinage » via Warquignies, et le Haut-Pays, la ligne internationale via Roisin-Autreppe vers Bellignies, Bavay, et la ligne Maubeuge-Valenciennes.
Peu de trains allaient, plus tard, venir directement de Mons qui envoyait ses rames en direction de la France via Quévy ou de Quiévrain en passant par Dour. Les voyageurs du « Haut-Pays » pouvaient prendre une correspondance vers Roisin à Saint-Ghislain, à Warquignies ou encore à Dour.

Les gares

La gare de Dour, du temps de sa plendeur avec, en face de la station, l’Hôtel du Commerce.

La construction de la ligne, qui allait devenir la ligne internationale « 98 A » reliant Dour à Bavay, Cambrai et la France, dura près de deux ans. Le 1er mai 1882 était inauguré un premier tronçon de cinq kilomètres jusqu’à Audregnies, connectant le Haut-Pays avec le Borinage et Saint-Ghislain, via Warquignies et Boussu-Bois. Un bon mois plus tard, le 12 juin, le second tronçon d’Audregnies jusqu’à la frontière, soit six kilomètres, était inauguré, ouvrant la porte vers la France, par la vallée du marbre et Bavay où elle plongeait dans la ligne de Maubeuge-Valenciennes. Après la gare de Bavay, la ligne trouvait son prolongement français vers Cambrai par Le Cateau.

Un certain nombre de haltes avaient été prévues entre les deux extrêmes belges de la 90a: après Dour, Wihéries gare, le point d’arrêt de La Cambuse, Audregnies gare, tout près de Montignies-sur-Roc, Angre gare, à cheval sur le territoire d’Onnezies, le point d’arrêt d’Angreau (photo), en plein bois sur le territoire d’Angre, où le poète Emile Verhaeren se rendait à l’occasion pour prendre le train ou accueillir ses visiteurs. Enfin, venait la gare internationale de Roisin-Autreppe, construite sur le territoire de Roisin en bordure d’Autreppe et du hameau de Meaurain.